L’AVENTURE MAXXIMUM (1ère partie): PAT ANGELI

La radio du groupe RTL aura trente ans le 23 octobre 2019. Ou plutôt aurait eu 30 ans. La station a cessé d’émettre après plus de deux années d’émissions inoubliables, essentiellement musicales et sur un haut tempo, avec des animateurs, journalistes et employés qui vivaient une aventure humaine très belle. Je me souviens de cette folle radio, complètement novatrice dans sa facture, très américaine pour le rythme de l’antenne et la qualité des enchaînements de la musique programmée avec le cœur et les tripes, très anglaise et nordique pour son approche de la musique, très française pour cette fierté d’exister et d’aller à la rencontre des gens dans notre cambrousse à nous dans la Sarthe ou au BOY, club parisien situé sous l’Olympia. Je me rappelle entendre une voix dynamique, un style d’animation joyeux et soyeux, dynamité, connaisseur, une expression claire et imagée, c’était la voix de Pat Angeli, l’homme par qui le son de Maxximum a débarqué sur le 105.9 parisien et que l’on recevait tard la nuit depuis le sud du Perche et le centre du Maine comme par magie, avec un récepteur Toshiba assez vieux et une antenne de deux mètres de long (à tendre dans des positions très particulières pour essayer de chopper quelques bribes).

Au lancement, je me souviens aussi d’un mix de nouveautés venues d’Angleterre et des USA avec des groupes house/techno ou autres genres apparentés, et de la pop rythmée (qui a entendu parlé de PSY programmé comme une joke car le trio français y parlait de « faire son max(x)imum », tien à voir avec le style Gangnam). Il y avait aussi bien sûr les jingles faits entre la rue du Commandant Schloesing au Trocadéro à Paris et RVS dans la maison de briques rouges rouennaise de la Route de Neufchâtel (la maison est détruite aujourd’hui) ou dans d’autres studios parisiens mandatés par RTL (pour les voix de Guy Montagné?) ou new-yorkais au sein de la radio d’EMMIS, le co-actionnaire minoritaire de Maxximum (ils possèdent la powerhouse du hip-hop HOT97-WQHTà New York, une station dont les stabs « new music » ont inspiré le slogan « nouvelle musique » de Maxx placé en conclusion de chaque introduction de morceaux chantés (de la science-fiction pour les animateurs radio FM de l’époque) et bien sûr la radio qui a inspiré Mickaël Bourgeois pour concevoir Maxximum, KPWR à Los Angeles, Power106, les deux radios existent encore et ont abandonné le format rhythmic pour le rap et le R&B.

La radio à la « sauce Casey Kasem » prenait les ondes pour la première fois en France avec un vrai gros coup de boost, inspiré du sound imaging (habillage de l’antenne avec les liners MAXXMAXXXMAXXXX_MAXXIMUM) de personnalités rares comme Dave Foxx – avec le double x ça ne s’invente pas. Quelques semaines après le lancement de Maxximum, RMC se fait gentiment remplacer par le son de Maxximum sur le 103.9 du Mans. Je vais me diriger vers une carrière d’étudiant passant son temps à scruter la FM, pour devenir animateur l’année de la mort de Maxximum lors de la saison 1991-1992, d’abord à RTE puis à WEST FM. Pat Angeli, Dom Dom Perrin et Lorenzo Pancino pour n’en nommer que quelques-uns deviennent des heureux compagnons de mon quotidien, ils vivent dans ma chambre en bordel et celle-ci commence à se remplir de CD des artistes de Maxximum. Voici une interview avec celui que j’ai rencontré plus tard dans mon parcours radio à Europe 1 alors que je tenais le micro de la station du 26bis rue François Ier le matin pour le Journal des Sports, Pat travaillait un peu plus bas, un étage au dessous dans les nouveaux locaux d’Europe 2, on a parlé sport, foot mais surtout de Maxximum. Je l’avais déjà croisé à M40 mais il ne s’en souvenait pas, et pour cause, il n’aimait pas y être. Voici un rappel de ce qu’était Maxximum pour ceux qui ne savent pas, en quelques épisodes et d’autres personnes qui y ont travaillé à l’antenne et hors antenne. Pat Angeli est toujours dans le move mais sur une autre radio, trop occupé à présenter des Night Fevers. La série va durer quelques mois. On prendra tout le temps qu’il faut pour raconter Maxximum. Alors sit back and relaxx.

MAXXIMUM 1sur30 PAT ANGELI

Sur cette photo, Pat Angeli est à bord du Rafale avec Joachim Garraud et Cocto comme copilotes.
SUISSISSIMO: Salut Pat, comment as-tu commencé ton gig à Maxximum?

PAT ANGELI: Je suis arrivé en en envoyant une maquette tout simplement. On m’a rappelé et j’ai été engagé.

Qu’as-tu aimé en y travaillant?
Ce qui m’a plu, c’est que c’était une aventure qui débutait, une création de radio avec un esprit d’équipe incroyable et un lien qui nous a tous unis à jamais. Et en plus, je pense qu’on a amené un sang frais dans la radio française.
Quelles étaient les consignes d’antenne? Live the lifestyle of Maxximum?
On nous a jamais demandé quoi que ce soit. On était jeune et on sortait en club. Avec la musique électronique qui commençait à cartonner et qui correspondait à ce qu’on passait à l’antenne. En plus deux ou trois d’entre nous étions DJ, donc on a commencé à mixer aussi. L’émission que je faisais était le 17-20 heures. J’ai plutôt mal vécu le passage à M40 en janvier 1992. Mais comme Fred Rister, j’ai eu la chance de conserver mon job. C’était mieux que pour ceux qui ont été virés purement et simplement.
Quel était la proximité que vous aviez avec la province?
Maxximum était une radio à la fois parisienne et régionale puisqu’on organisait des soirées partout en France, aussi bien qu’à Paris.
As-tu l’impression que Maxximum pour les Français, les Belges et Suisses francophones qui ont eu la chance de la capter, c’était un peu par analogie le même succès que Salut les Copains pour Europe 1, une institution qui n’a pas duré mais qui a marqué la population?
Maxximum comme Salut les Copains, je ne sais pas. Pour le fait que la réputation de la radio a survécu à sa mort, oui.
MAXXIMUM 1 sur 30 intro
Y aurait-il de la place pour Maxximum aujourd’hui?
En 2019 ce serait plus compliqué mais oui il y a là place car toutes les radios sont prudentes et ne prennent pas de risques. Il y a toujours de la place pour l’audace et la créativité! Et le professionnalisme.
Des anecdotes, j’en ai mille mais celle qui n’en est pas une c’est que n’importe quel jour de la semaine, même en pleine nuit, on pouvait aller à la radio pour faire des remix. On pouvait être deux ou trois à bosser toute la nuit. On avait les clés, c’était open-bar pour ceux qui voulaient bosser pour améliorer l’antenne. Tout était permis.

Par David Glaser

suississimo

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