LA VOIX DU LEMAN

La radio le matin est le média préféré des romands, dans les voitures, les transports et les cuisines, le bon vieux transistor ou l’application smartphone fonctionnent à plein. Avec un engagement au plus près de l’info – on l’aura remarqué avec une excellente couverture de l’attaque à Charlie Hebdo, du lancement de Solar Impulse 2015… – LFM a redoré son blason le matin. La star du morning-show de la station vaudoise s’appelle Philippe Morax. La quarantaine fringante, cet élégant père de famille relève un défi de taille après vingt ans de carrière dans la radio : faire de la première station de radio romande sur le format Adult-Contemporain un carrefour d’infos locales, d’entertainment et de sujets exclusifs avec l’invitation de personnalités intéressantes interviewés par une batterie de talents romands. Morax a tout de l’animateur 360 avec ce show multimedia et pluriculturel. Après tout, ne promène-t-il pas depuis 1991 son style d’animation détendu et rigoureux, rond et piquant, classe et populaire sur les médias privés romands. Sa touche? Mélanger journalisme et animation dans un concentré de trois heures quotidiennes d’émission avec des séquences parlées, où on a le temps de développer sans être interrompu, bien rythmées, aux côtés de grands noms du paysage médiatique romand comme Jean-Charles Simon ou Fathi Derder. L’homme qui est tombé dans le chaudron médiatique lausannois depuis son plus jeune âge (à la faveur d’une invitation de ce même Jean-Charles à fêter son anniversaire dans les studios de la 1ère) n’avait même pas atteint l’adolescence qu’il était déjà mordu de sons, construisant même un faux studio de radio dans sa chambre, rêvant les yeux ouverts à une carrière de speaker sur les ondes sans savoir que ce rêve deviendrait réalité. Le but était de faire entendre sa voix mais aussi et surtout celle des autres, ses choix musicaux mais aussi ses idées de chroniques, de jeux, de débats… le but a été atteint et un entertainer est né. Passé par les studios de Rouge FM/TV ces dix dernières années, TVM3 et par les studios d’autres grandes radios régionales comme RTN, Lausanne FM ou la française NRJ, il se raconte pour nous aujourd’hui. Philippe a remplacé Jonas Schneiter à la matinale fin août, ce dernier étant parti à l’intersaison animer le morning-show de Couleur 3. En bref, “Morax dans la radio” est un show qui se porte bien. L’émission sera bientôt le premier talk-show diffusé sur une nouvelle chaîne de tv locale à partir de mars. L’émission est déjà en vidéo sur LFM.ch entre 6 et 9 h.

Philippe Morax en cinq dates :

1973 : Naissance à Lausanne, Chemin de Mornex

1995 : Débute la radio le jour de son anniversaire le 3 avril à RTN

2013 : Naissance de sa fille à Morges et se marie la même année

2014 : Quitte Rouge FM pour LFM, animation de la matinale

2015 : Première matinale de la radio à être filmée intégralement

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SUISSISSIMO : Quel est votre premier souvenir de radio?

Philippe Morax : J’ai toujours été attiré par ce métier qui m’intriguait. Mes parents écoutaient Europe 1. Je jouais avec mes petites voitures en écoutant cette radio avec eux. J’ai toujours aimé ça. ça m’a toujours accompagné dans ma jeunesse. Il y a eu un début d’élément déclencheur au début de mon adolescence. En écoutant la Radio Suisse Romande, il y avait une émission “5 sur 5“. On y retrouvait des gens comme Jean-Charles Simon avec qui je travaille maintenant. Il y avait Lova Golovtchiner, Emile Gardaz, Patrick Lapp… des grands noms de la radio donc. Ils avaient un standard ouvert aux enfants pour que ces derniers puissent poser des questions sur la vie de tous les jours. Je les ai appelés car j’avais organisé une boom pour mes douze ans et personne n’était venu. Pas de chance, la boom est tombée en pleines vacances de Pâques. Il y avait une seule personne présente. J’appelle la radio pour leur dire que personne n’était venu à mon anniversaire. Jean-Charles me dit alors “puisque c’est ça, nous on t’invite à passer à la radio demain pour faire l’émission avec nous…” Du coup, j’avais passé la matinée de 9 à 13h avec eux aux studios de la Sallaz. Je crois que ça a été le moment déclencheur de cette grande passion pour la radio.

Comment viviez-vous cette passion en tant qu’écolier?

Je jouais à faire l’animateur de radio à la maison. Mon micro était une boule en mousse plantée dans un bout de bois, j’avais aussi un magnéto à cassette dans lequel j’enregistrais des interviews entre la salle à manger et le salon avec mes parents à qui je cassais les oreilles. De fil en aiguille, cette passion m’a amené à la musique que je faisais en parallèle puis au DeeJaying, aux animation de soirées. J’ai fait des mariages, des anniversaires, des soirées en club au Mad ou à l’Amnésia à Vidy. Cette envie de faire danser les gens m’a permis d’avoir une culture musicale très large. J’ai aussi commencé à réseauter sans vraiment m’en rendre compte. J’étais au courant de tout ce qui se passait dans les médias. C’était la grande période des radios pirates qui devenaient des radios officielles: Radio Thollon, Radio L, Radio Acidule. J’étais à l’affût de tout ce qui se passait et je connaissais tout ce qui se passait dans le milieu. J’ai attendu bien longtemps car je cassais les pieds à mes parents avec cette idée de faire de la radio. Dans la tête des gens, faire de la radio n’était pas un métier mais un hobby. C’est devenu un métier en Suisse plus tard. On me disait aussi que pour faire de la radio, il fallait être journaliste. Et je n’étais pas le meilleur des élèves. Je m’emmerdais à l’école. J’ai choisi la voie de l’apprentissage en optant pour le métier d’opérateur-projectionniste, un métier qui n’existe plus depuis le numérique. Je travaillais à la Cinémathèque Suisse à Lausanne sur de la pellicule 35 mm nitrate inflammable, en laboratoire pour réparer des films. J’ai eu la chance de devenir le projectionniste pour Freddy Buache.

Vous êtes-vous créé une culture de cinéphile?

Je n’ai pas su saisir la chance de me nourrir plus de ce que j’ai fait là-bas même si ça me sert dans des interviews d’acteurs à la LFM aujourd’hui. Mais je ne m’en rendais pas compte à cette époque. Si j’ai choisi cette activité, c’était pour faire de la radio. Comme je n’étais pas un étudiant brillant, le seul moyen de devenir journaliste était de se former à la photographie. Il fallait entrer à l’école de photo, dans la spécialité “projectionniste” et c’était un moyen détourné pour arriver au métier d’animateur. C’est à dire apprendre à aimer la lecture, à écouter les informations et à s’imprégner de toutes sortes de sujets qui ne m’intéressaient pas forcément.

Avec quelle radio as-tu réussi à mettre un pied dans le métier?

J’ai perdu ma place à la cinémathèque puis j’ai bourlingué une année en faisant des petits boulots. A 20 ans, j’ai tout fait pour provoquer ce départ de la Cinémathèque. Je mixais à la Tomate à Sauvabelin entre autres sans percer. J’ai ensuite tenu un hôtel, le “Formule 1” de la chaîne Accor. Après une formation rapide de deux jours, j’ai tenu l’hôtel trois mois. C’était la première fois que je me servais d’un ordinateur, pour effectuer les réservations. Je ne connaissais pas un mot d’anglais et je devais me débrouiller avec des gens qui faisaient des réservations en anglais, en allemand ou en polonais. Et ça m’a apporté beaucoup. Au bout de trois mois , j’étais sur les rotules car tu ne dors pas beaucoup dans ce genre de métier. Une bonne expérience! Après avoir terminé cette aventure, je suis allé voir un ami qui était soldat, gradé, en poste à Colombier près de Neuchâtel. Je suis allé le trouver, on a mangé ensemble et il m’a demandé si j’avais trouvé du travail. Je lui ai dit que ça n’était pas le cas, que j’en avais marre, que je voulais faire de la radio mais que je ne trouvais rien… Il m’a alors dit “on finit de manger et j’t’emmène quelque-part…” Il me prend à bord de son véhicule de l’armée, le pinzgauer, un horrible 4/4 où tu dois débrayer quatre fois pour changer de vitesse. Il m’a déposé à Marin, rue Champs-Montants à RTN. Je suis allé là-bas au culot en me présentant comme animateur. Je tombe sur un homme incroyable qui impressionne et qui rassure en même temps: c’était Pierre Steulet, le patron des radios régionales de l’Arc Jurassien qui était là ce jour-là pour la séance hebdomadaire des cadres de RTN. Une personne venait tout juste de démissionner. Je me suis retrouvé à faire un test dans un studio et on m’a fait passer un test sur le canton de Neuchâtel. J’ai répondu que je ne connaissais rien au canton à part peut-être la Chaux-de-Fond, ville d’origine de mon père mais que je serais ravi d’apprendre à le connaître. Et ça a marché. Deux heures après le test, je me retrouvais dans le bureau de Pierre Steulet. Il m’a demandé quand j’étais libre. Je lui ai répondu “je suis libre de suite”. Il m’invite à  faire ma première le lundi suivant à 14h. Je lui ai alors expliqué que ça tombait bien car que c’était le jour de mon anniversaire. Le 3 avril l995 à RTN, j’ai donc commencé le jour de mes 21 ans. Ce sont les premiers à m’avoir fait confiance. Je dois une fière chandelle à Ambroise Jolidon, Steve Ritschard, Gaëtan Vanney, Joël Marchetti, Nicolas Niffler car le souvenir que j’avais, c’est que j’étais très stressé ces premiers jours. Tous ces gens d’antenne qui pour la plupart ont fait carrière à la RTS m’ont soutenu. Beaucoup d’erreurs auxquelles je ne pensais pas ont pu être évitées grâce à eux. Ensuite, il y a eu le Studec, deux semaines assez dures où on apprenait des choses essentielles pour être efficace en radio, des conseils dont je me sers encore.

Aviez-vous eu du temps pour vous intégrer à Neuchâtel?

Oui, j’habitais à Cornaux, qui était un endroit qui ne plaisait pas trop, avec une raffinerie dans le paysage qui me faisait penser à Tchernobyl. En gros, Neuchâtel c’était une expérience difficile pour moi. Mes racines sont à Lausanne. Je suis né à la clinique des Charmettes qui était installée Chemin de Mornex… juste à côté de là où je travaille maintenant. J’ai donc grandi à côté de Lausanne. Pour moi, Neuchâtel était un endroit difficile pour m’intégrer. A l’époque, ma petite copine habitait à Lausanne et le fait de partir à Neuchâtel était compliqué. Je n’étais pas super heureux dans ma vie privée mais au moins j’étais heureux dans ma vie professionnelle même si c’était difficile de séparer les deux.

Quels sont vos meilleurs souvenirs de RTN?

J’ai passé plus de deux ans à RTN. Ce furent les années les plus formatrices de ma vie. Je me souviens de la Fête des Vendanges, le Festi’Jazz, l’ancêtre de Festineuch’. Ma première interview en direct a eu lieu à l’inauguration du tronçon autoroutier de la Vue des Alpes. C’était Massimo Lorenzi qui était à l’époque la star de la télévision car il était au téléjournal. Mais je n’avais aucun lien avec Neuchâtel… donc je maîtrisais assez mal l’histoire locale et je n’étais pas journaliste. Neuchâtel, c’est une très belle région mais j’ai trouvé les gens distants même si j’avais de la famille là-bas. J’avais le mal du pays, Vaud me manquait. J’ai donc vécu deux années là-bas en faisant tous les créneaux. J’avais deux, trois potes pour sortir boire une bière à la Rotonde. J’y ai connu Igor Blaska et Olivier Faton qui organisaient les soirées Atlantis. Un jour, j’ai décidé de quitter Cornaux et revenir habiter à Lausanne tout en travaillant à Neuchâtel.

Vous en avez eu donc marre de Neuch’? Une envie de revenir au bercail, de travailler chez vous à Lausanne?

C’est le destin qui l’a décidé. Un jour en allant travailler le matin, j’ai eu un accident de voiture. J’ai eu un accident, ça a été le moment décisif. Je me suis rendu à l’évidence. Ce n’était plus possible de faire le déplacement entre Lausanne et Neuchâtel. A Radio Framboise et à Lausanne FM, j’avais deux possibilités d’obtenir un job, soit technicien-régisseur dans la première ou animateur dans la seconde. Après un test à Lausanne FM, Thierry Paulme, aujourd’hui le monsieur météo de TV8 Mont Blanc, m’a proposé le 16-20 de Lausanne FM, ce qui n’a pas plu du tout à Jean-Luc Swickert, le chef d’antenne de Framboise qui m’avait accueilli avec une batte de baseball la première fois. Il était assez en colère que je puisse choisir Lausanne FM… c’était la guerre entre les deux stations. Mais bon, entre un boulot de régisseur à 50% et celui d’animateur, j’ai choisi ma passion, l’animation. J’avais 23 ans. A Lausanne FM, j’ai fait trois ans en tout. C’était différent de RTN qui avait une programmation plus généraliste avec des émissions culturelles, pour chaque ethnie, un style de radio proche des radios associatives. Lausanne FM avait une programmation musicale cohérente, on travaillait un peu plus dans l’esprit des radios musicales françaises. On m’a demandé de prendre possession du 16-20 et d’y aller, de me lâcher. Je me suis vite adapté jusqu’à mon licenciement trois ans plus tard quand le chef d’antenne Enzo Lo Bue m’a indiqué la porte. Ma tête ne lui revenait pas. J’ai voulu faire entendre ma voix à Pio Fontanaz, le fondateur et directeur de Lausanne FM (aujourd’hui disparu) qui ne voulait pas me licencier. J’ai donc négocié mon départ. En août, NRJ m’a appelé. Je pense que les sondages de mon émission sur Lausanne FM étaient bons et comme NRJ souhaitait développer les programmes locaux sur la Suisse pour pouvoir vendre de la pub, ils ont pensé à moi. Pour l’anecdote, j’étais le seul suisse à aller travailler en France. Il y avait un vrai son à NRJ, un matériel à pleurer. Tout était bon, extraordinaire même.

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A l’antenne de NRJ, comment avez-vous débuté?

Je me suis retrouvé à l’antenne le premier soir un 25 août à la rentrée, j’étais perdu. On s’adressait à la Suisse, on a démarré très tranquillement. J’animais l’émission “My NRJ » de 19h à minuit, on y parlait de sexe et on passait seulement deux chansons par heure et ça marchait. Je me suis pas trop entendu avec ma direction car après les attentats du 11 septembre à New York, j’ai préféré passer de la musique et d’ouvrir le micro à ceux qui avaient envie de parler. Ils me demandaient pourtant de me lâcher, de déconner mais j’en avais pas envie ce soir-là. Je ne suis pas revenu le lendemain. Il y avait d’autres soucis, je ne parlais pas des choses qui semblaient importantes aux dirigeants de NRJ. Deux semaines plus tard, Chris Wolf, le directeur du service commercial de NRJ me rappelle pour reprendre le 9-13 et j’ai resigné pour six ans. J’ai installé l’émission “Party News Master Mix » avec Julien Delafontaine, rédac-chef du journal Party News. Et ça a été le gros coup de boost dans ma carrière avec d’autres événements comme le remplacement du 16-20 de NRJ Paris. Je me suis retrouvé dans la peau du petit suisse à l’antenne de la première radio musicale de France, après une semaine de formation à la production de promos et bandes-annonces à l’antenne de la plus grosse radio musicale française, ça on te le répète toutes les cinq minutes là-bas car il y avait 5-6 millions d’auditeurs quotidiennement sur NRJ. J’étais très content de revenir à Archamps près de Genève après ces deux semaines. Les dernières années de NRJ, je me suis plus contenter de faire de la radio car je suis devenu un animateur sur TVM3, l’une des télévisions câblées de la région. L’expérience télé m’a permis d’apprendre comment mener une interview. Pour imager ce qu’on fait en radio, la télé t’apprend à être plus descriptif. A la télé, j’ai pu arrivé, détendu avec une certaine aisance et ça je le dois à la radio. Les deux médias étaient donc complémentaires. Après six ans d’expérience, je pense qu’il était temps d’arrêter NRJ, c’était le moment. Je faisais tous les jours le chemin Lausanne-Genève. Et six ans sur NRJ, c’est long… il fallait les faire, il y avait une grosse pression sans avoir les yeux rivés sur les chiffres. J’avais envie de changer. J’ai gardé “Party News Master Mix” l’émission que je produisais chez moi. NRJ avait eu un grand impact à l’époque sur la région et ça m’a aidé. J’étais aussi DJ à l’Amnésia à Lausanne-Vidy. C’est vrai qu’être à NRJ, ça me faisait une bonne promo mais j’avais une étiquette de “DJ commercial”. Avec “Party Mix Master Mix”, on était porté sur la house mais on était assez pointu avec les premiers mixes de Guetta et on recevait des enregistrements de DJ américains. Parfois, on faisait un peu tout à l’Amnésia, l’émission “Party Mix Master Mix” et les DJ sets. Mister Mike de Couleur 3 a décidé en 2007 de quitter la station publique pour rejoindre NRJ. C’était une fierté pour moi qu’il reprenne cette émission qu’on avait créée de toutes pièces avec Julien Delafontaine. Mister Mike, c’était la référence du clubbing et quand il a repris l’émission “Party News Master Mix”, ce fut sans doute la fin d’une époque pour nous tous.

Comment s’est passé votre arrivée à Rouge FM?

La RTS ne voulait pas de moi, j’ai postulé plusieurs fois mais ça n’a jamais marché. Rouge, c’était l’opportunité après six mois de reprendre le chemin des ondes alors que j’avais quitté l’antenne. J’avais envie d’avoir mon émission. Alors, j’ai d’abord fait des remplacements le samedi après-midi avant d’arriver sur le 9-12 puis le 16-20. Je leur ai demandé de faire ce que je voulais et ils m’ont fait confiance d’abord avec “Morax Angels”, j’étais Charly et j’avais trois drôles de dames dans le rôle de chroniqueuses autour de moi. J’ai terminé mon expérience à Rouge FM avec “La Tribu”. En parallèle, j’ai couvert les festivals pour Rouge TV. J’ai eu une très grande liberté même si je n’étais pas toujours d’accord avec mon chef Philippe Martin. Je le remercie pour ça. Je pense que j’ai contribué à booster Rouge, à mettre du kérosène dans le réservoir. J’avais amené le slogan “de quelle couleur est votre radio?”. Au chapitre des expériences intéressantes, j’ai fait beaucoup de duos avec Faï, Gaëlle, Marie et Alison. C’est comme une histoire de couple… on ne peut pas toujours s’entendre.

LFM est votre nouvel employeur. La radio a beaucoup communiqué sur ton arrivée. Le morning-show a des moyens avec des journalistes reconnus comme Fathi Derder, comment as-tu géré cette mise en place de personnalités romandes connues autour de toi? 

C’est un gros challenge… une usine à gaz! Je suis heureux de travailler avec toutes ces personnes qui amènent leurs façons de faire, leur carnet d’adresse… J’appréhendais de travailler avec Fathi Derder qui a fait de la radio à Fréquence Banane, Acidule et la RSR. C’est un conseiller national maintenant, d’où cette crainte. Mais il y a eu dès le début un bon échange avec lui. Chaque jour c’est différent. Il nous a fallu deux mois pour mettre en place la formule. Il faut ouvrir une vanne ce jour-là, en ouvrir une autre le lendemain. Chaque jour, j’ai appris quelque-chose, donc ça me plaît. Je suis dans un rôle de producteur et je prends ce rôle à cœur… c’est une mise en danger. Je n’ai pas eu le choix sur tout. Le directeur de la station Patrick Stillavato avait prévu de faire certaines choses avant que j’arrive à LFM. Je voulais faire un morning intelligent, pas trop lourd avec de la musique et des news. Je pense qu’on est sur la bonne voie. Et ça va mettre encore un peu de temps mais on va y arriver. C’est un véritable boulot de chef d’orchestre et j’ai des solistes autour de moi. Une ou deux capsules sont réalisées à l’avance, car entre 6 et 7h c’est assez dur de joindre des gens. Nos auditeurs peuvent intervenir en direct. Ils réagissent plus que j’imaginais. Leurs réactions sont mêmes surprenantes. D’ailleurs sur toutes les émissions que j’ai faites avant, c’est la première fois que ça réagit autant. Faut aller titiller les gens. On apporte quelque-chose de neuf. On a trouvé une recette qui nécessite quelques petits réglages. On est sur les réseaux sociaux. Les gens ne sont pas encore complètement prêts pour jouer le jeu mais ça va venir. Une nouvelle chaîne de TV va apparaître début mars dans le paysage romand et on pourra diffuser en simultanée l’émission. LFM est une radio où on fait peu de talk en général et l’antenne n’est pas polluée par des émissions commerciales bavardes, ce qui renforce le caractère original de l’émission. Par ailleurs, j’ai besoin de respirer car j’ai une vie de famille et je n’ai plus autant de temps qu’avant. Malgré mes obligations familiales, je suis de temps en temps derrière les platines dans les soirées. J’adore ça! J’ai la même conviction que j’avais avant. Mais ce n’est plus un cheval de bataille, juste une bonne récréation au Mad une fois par moi, ça me permet de garder un rapport social avec les gens. Je n’ai pas le temps de faire autre chose de toutes façons. J’écoute aussi de la musique. La révélation pour moi cette année : c’est Lily Wood and the Prick/Robin Schulz avec “Prayer in C”. J’ai aussi lu la biographie de Pharell Williams et je me reconnais dans le personnage, ses choix de vie… En toute modestie, je trouve qu’il y a des épisodes de sa carrière qui me ressemblent.

Philippe Morax sur LFM chaque jour de la semaine entre 6 et 9H. A voir sur lfm.ch

Propos recueillis par David Glaser

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