CHAMBRE AVEC VUE

L’Hôtel du Léman à Jongny est à deux pas de Chaplin’s World. Le musée retraçant la vie et l’univers de l’acteur et réalisateur britannique de «The Kid» installé sur la commune voisine de Corsier-sur-Vevey. Magnifique emplacement avec une magnifique vue sur le lac. Lieu de paix, lieu idéal pour se ressourcer et envisager la vie de manière plutôt positive. L’Hôtel du Léman est bien plus qu’un hôtel-restaurant confortable, c’est un centre de séminaire que le groupe Coop possède pour y organiser la formation de ses cadres. Aujourd’hui, le géant bâlois de la distribution a terminé les travaux de rénovation qui permettent au lieu de resplendir. Nouvelle vie, nouvelle ouverture pour les employés de l’Hôtel qui possèdent un magnifique outil pour d’autres clients que les cadres du groupe de distribution suisse. Tour du propriétaire avec la directrice générale du lieu et découverte du restaurant «L’Epicurienne» inauguré il y a quelques semaines après 3 mois de travaux.

Après le «Café des bains» à Genève et l’hôtel Intercontinental, rendez-vous aujourd’hui à Jongny dans le Lavaux. Suississimo continue de faire le tour des lieux d’exception de notre magnifique région. N’ayant pas de voiture, je m’empare d’une carte numérique pour bien repérer les dessus de Vevey. Je pointe le doigt sur Jongny. Il me revient à la mémoire une escapade récente à Chardonne. Pour s’y rendre depuis Vevey, rien de plus simple, il suffit de prendre le funiculaire. L’arrêt Jongny fait cause commune avec Chardonne. Le funiculaire s’y arrête après cinq minutes d’ascension à peine depuis Vevey. Il me lâche là dans cette ambiance quasi monastique, sans un bruit si ce n’est celui de l’entraînement du treuil mécanique. Et le funi de poursuivre sa route vers le Mont-Pèlerin, lieu fréquenté par quelques moines tibétains. La vue est splendide, les enfants de retour de l’école pour le repas de midi m’indiquent ma route depuis l’arrêt. Une jeune fille me précise « vous ne pourrez pas le louper cet hôtel, il est tout rose ». Après avoir marché une dizaine de minutes vers le centre de Jongny, il est là devant moi, tout de rose (re)vêtu et surtout placé idéalement devant les coteaux et le paysage à couper le souffle du Lavaux. Accueilli par la jeune directrice générale du centre nommée Nathalie Mika Huys, je fais rapidement le tour du propriétaire. Profondément investie dans sa mission, la directrice générale parle facilement de ce qu’est devenu l’Hôtel du Léman de Jongny avec beaucoup d’appels à un passé récent animé de grands travaux et d’ambitions nouvelles pour faire exister cet hôtel auprès du grand public.

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Vevey en contre-bas

Nathalie Mika Huys reçoit devant l’entrée principale, le parc resplendit de verdure, ce sont les premières journées vraiment estivales dans le Lavaux. On devine Vevey et ses centaines de toits en contre-bas. La vue est définitivement l’atout numéro un du lieu. Interrompant les présentations pour saluer un ouvrier venu prendre rendez-vous pour une intervention sur le jardin qui habille l’aire d’entrée du complexe, la directrice en profite pour donner ses dernières consignes car l’inauguration du lieu approche. Et on ne doit rien laisser au hasard, tout doit être parfait. La manager du lieu est chez elle à Jongny. Enfance à Montreux, élevée près du milieu hôtelier de la région. Dès sa majorité, elle y plongera tête baissée. A 18 ans, Nathalie Mika Huys effectue son apprentissage de cuisine à l’Ecole hôtelière de Glion. « J’étais introvertie, je me suis prise quelques remarques difficiles à accepter et j’ai voulu me révolter. Je me suis alors mis en tête de réussir dans ce domaine en rejoignant la brigade »
Nathalie Mika Huys a trouvé sa vocation, ce sera le milieu de l’hôtellerie et participera à l’ouverture du Casino Barrière de Montreux en 2003, enchaînera avec la clinique Biotonus à Montreux-Territet en 2004. Puis ce sera l’arrivée dans la grande maison, le « Lausanne Palace » lui ouvrira ses portes. Le directeur Jean-Jacques Gauer lui ouvrira la voie et lui permettra d’apprendre puis d’améliorer son savoir-faire jusqu’en 2012. « Jean-Jacques Gauer est mon mentor dans la profession. C’est un véritable professionnel avec un sens de l’hospitalité total. Il se place au niveau des gens pour qu’ils se sentent bien. Il amène de la sympathie dans les échanges. Aujourd’hui, il dirige l’Auberge du Raisin à Cully. »

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La directrice de l’Hôtel du Léman Nathalie Mika Huys est une enfant de la région.


Nathalie Mika Huys, mariée à un Suédois, change de rôle. Elle devient maman et consacre du temps pour élever ses deux enfants tout en continuant le bénévolat dans des associations caritatives. Elle a un peu de mal à cacher son hyperactivité. Force de caractère et rencontres, deux facteurs qui vont faciliter la monter en puissance de l’actuelle directrice de l’Hôtel du Léman et son retour au cœur du métier.
Cette grande maison comprend 11 salles de séminaire et six salles de réunion (pour des surfaces de 10 à 120 mètres carré), 64 chambres, un restaurant ouvert pour les cérémonies de mariage et autres soirées d’entreprises. Car l’Hôtel du Léman s’est ouvert et n’est plus seulement un établissement pour les cadres de la Coop. «Le groupe possède le centre et y est très attaché. Outre les formations des collaborateurs du groupe, il nous apporte des prestations de ressources humaines, de comptabilité et de support informatique.» Mais avec cet hôtel, la Coop sort légèrement de son core-business qui est le commerce de détail. Avec cette rénovation et l’ouverture de «L’Epicurienne», restaurant ouvert à tous, l’Hôtel du Léman se diversifie et prend son envol en complément de son statut de lieu de séminaire corporate exclusif au géant orange de la distribution.

L’épicurienne comme symbole des plaisirs de la vie

Nathalie me parle de son lieu de travail avec la fierté de celle qui ne compte pas ses heures pour donner du lustre à son établissement nouvelle génération. « On sort d’une période de travaux importants » explique Nathalie. L’Hôtel s’ouvre un peu plus au grand public avec cette nouvelle configuration et son restaurant nommé «L’Epicurienne». Un nom comme un mantra pour mettre en avant les plaisirs de la vie, le plaisir de manger. Le Chef français Laurent Omphalius et ses six équipiers à l’année proposent une cuisine de saison, légère et raffinée. On y reviendra un peu plus tard. La salle de restaurant profite d’une baie vitrée permettant de dîner en admirant un peu plus la nature, la décoration mélange le moderne et le vintage, les vitraux teintés aux couleurs vives, maintenus à l’identique, signés de l’artiste bâlois Otto Staiger. Les murs environnants ont été reliftés pour cadrer avec le concept 60’s. Pas les vitraux, on ne touche pas ces œuvres d’art, elles sont protégées. La centaine de personnes qui peut prendre place dans l’espace de restauration intérieur (200 avec la terrasse) appréciera sans doute aussi le bain de lumière engendré par cette toute nouvelle baie vitrée. Je me demande comment c’était avant… «J’ai choisi l’architecte de Montreux Christophe Lombardo pour redessiner cette salle. C’est donc lui qui a imaginé cette grande ouverture lumineuse. L’aménagement de la salle reprend les carreaux d’origine. Les travaux se sont déroulés l’hiver dernier occasionnant des désagréments passagers dans la logistique.» Le chef alsacien Laurent Omphalius, un ancien de l’Auberge de l’Ours (13 points au Gault&Millau) à Vers-l’Eglise et un ancien de la « Source des Alpes » à Loèche-les-Bains (15 points au Gault&Millau).

Je suis invité à découvrir la cuisine du chef, une soupe froide de petits pois à la menthe pour commencer, fraîcheur et goût. Le reste sera du même acabit. La proposition à midi est variée et abordable en termes de prix. Le Chef suit la feuille de route décidée par la directrice générale. «On déborde d’énergie et de créativité.» Pas besoin de forcer le discret chef alsacien. Laurent Omphalus a travaillé avec quelques grands noms de la cuisine. «Je nommerais d’abord Christophe Schertz, chef et propriétaire du restaurant «Wasigenstein» près de Lembach en Alsace. Et puis il y a eu ensuite son expérience suisse qui l’amène aujourd’hui dans le Lavaux, deux expériences qui permettent au Chef de choisir définitivement de rester en Suisse. «On discute entre nous et on adopte un menu du jour» décrit Nathalie Mika-Huys sur la méthodologie utilisée. Le Chef complète : «on veut installer des produits locaux et de saison. Je préfère la cuisine traditionnelle, modeste à la cuisine gastronomique. J’aime aussi utiliser essentiellement des produits issus de recettes locales.»

Chef Laurent Omphalius avec équipe cuisine service

Le Chef Laurent Omphalius (3e à gauche) avec son équipe en cuisine et en salle.


Vous ne verrez pas de cuisine moléculaire à «L’Epicurienne», on tient visiblement à une vision de la cuisine ancrée dans le Lavaux : «J’apprécie une côte de porc rassie à l’os, de la volaille suisse… rien de tel qu’un morceau de viande bien épicé» soliloque presque le timide Laurent Omphalus. Si ce grand homme de 45 ans, installé en famille dans le Lavaux, avoue ne pas être sectaire, il dit justement apprécier des saveurs issues de la cuisine chinoise ou tout simplement des filets de perche. Le chef-pâtissier dans le prolongement du Chef cherche l’authenticité, Nicolas Hinsinger privilégie des saveurs pas toujours usitées comme des carottes ou de la courge. De quoi rosir de plaisir dans cet hôtel proche de la nature jusque dans sa cuisine.

Echanges simples avec le client

L’heure du dessert est passée, l’inauguration de «L’Epicurienne» est prévue quelques jours après cet échange. Nathalie Mika-Huys rappelle que la saison des mariages va démarrer et elle avoue que l’agenda est bien rempli jusqu’à 2018 «et ce sans publicité, peut-être notre prix de 85 francs par personne est-il la raison de ce succès.» Le parc qui jouxte l’établissement nous fait de l’œil. Le parking comprend 130 places. Il est gratuit. Si les voisins du Montreux Jazz Festival envoient leurs artistes dans les palaces et les hôtels plus proches des lieux de concert pendant la première quinzaine de juillet, «nous recevons des clients qui viennent se faire plaisir au calme. Nous sommes un hôtel 3 étoiles mais nous nous dirigerons vers un classement plus proche du 4 étoiles après avoir refait notre réception et les cuisines». Les serveuses viennent, détendues, échanger avec le client. Voilà une communication sympathique qui contraste avec le côté guindé de nombre d’établissements de la région. Le personnel de service a cravaché, surtout lors de la période intense des travaux. Il a multiplié les hectomètres pour servir les mets de Laurent Omphalius dans le tempo et son équipe au chalet provisoire qui a servi de lieu de restauration l’hiver dernier. «On avait uniquement pris des produits locaux avec un Chasselas d’un vigneron de Jongny nommé Jean-Michel Taverney, on a fait appel à une laiterie de Châtel pour nos fondues.» Le chalet provisoire du garden-centre Brönnimann poursuivra sa vie dans la cours d’un grand hôtel de la région, inspiré par l’initiative de l’Hôtel du Léman. Rien ne se perd à l’Hôtel du Léman, tout se transforme… pour le mieux. La façade rose de l’édifice a ce côté accueillant. Elle pourrait être rafraîchie mais tel chantier ne semble pas prioritaire. De toutes façons, comme la vérité sort toujours de la bouche des enfants, l’Hôtel du Léman «vous ne pourrez pas le louper, il est tout rose». Alors, lors de votre prochain voyage dans le Lavaux, si vous êtes perdu, demandez votre route aux enfants en sortant du funiculaire.

David Glaser, zieggla@gmail.com

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