VERVEINE PARTY

Un concert de Verveine est une invitation à un «thé dansant» pour fans d’electro minimal. On peut bouger ses membres en rythme, inviter un ou une partenaire à quelques pas et la sauce Verveine prend… liant des voix venues du froid et des nappes de sons délicatement épurées pour progressivement sembler richement orchestrées. Joëlle Nicolas alias Verveine prône depuis trois ans le respect de l’analogique et se passe du « tout ordinateur » pour y préférer une touche tellement plus humaine. Avec un certain sens de l’utilisation de sons fabriqués sur claviers, l’artiste suisse romande se mue en chef d’orchestre de ses sons électriques et de ses boucles d’or vocal. Verveine est aujourd’hui une artiste demandée un peu partout. Sa musique est originale et se rend vite indispensable. Elle fut l’une des électroniciennes les plus intéressantes programmées sur les scènes suisses ces dernières années, alors, on ne boude pas notre plaisir de la voir programmée aux Transmusicales de Rennes ce vendredi 5 décembre à 16h30 avant les Biennois de Puts Marie et le Bernois Pablo Nouvelle. Le concert pour ceux qui ont pris d’assaut la capitale de la Bretagne et du rock aura lieu à l’UBU, une salle située proche de la Gare et mitoyenne du Théâtre National de Bretagne. Concerts gratuits.

SUISSISSIMO : Verveine, vous êtes une multi-instrumentiste portée sur l’expérimentation. Comment vous présenter?

Je suis une musicienne suisse et je travaille sur un projet de musique electro sans ordinateur. Cela veut dire que je ne suis pas un DJ et que je compose toutes les musiques moi-même. Cela fait quatre ans et demi que je suis sur ce projet.

Votre musique a quelque-chose de cinématographique, spatial, venant de champs musicaux très minimaux pour toucher un spectre musical beaucoup plus large in fine, seriez-vous d’accord avec cette description?

Oui, l’aspect cinématographique est bien là parce que ce sont les images qui m’inspirent en premier lieu et m’amènent à composer. J’ai ce projet pour travailler pour le cinéma si l’opportunité se présente.

Il y a il me semble beaucoup d’éléments de votre vie personnelle dans cette musique, comme si votre voix et la musique se mariaient et incarnaient parfaitement les morceaux. Quel est le degré d’intimité, de dimension personnelle que vous placez dans votre musique?

Ça va être très subjectif. Chaque individu qui écoute de la musique verra quelque-chose de différent. Je viens du rock mais j’ai aussi beaucoup appris du monde des chorales. J’ai même étudié le chant pendant quinze ans. L’instrumentation et la construction harmonique sont très importantes dans ma musique. Je travaille dur sur l’aspect harmonique. Ce n’est pas seulement un kick et un snare comme ce qu’on entend d’habitude dans l’electro. Je crée des couches et essaye de chercher l’équilibre. Je suis comme un directeur musical dans un orchestre de musique classique mais avec des machines.

Vous semblez beaucoup aimer utiliser votre voix?

Oui, j’ai commencé la musique par le chant. C’était mon premier «instrument» avec le piano. Quand tu ajoutes ta voix à la musique, c’est ce qui t’aide à définir ta couleur, ton style, comme la touche d’un peintre qui le rend reconnaissable. Avec l’utilisation de la voix, vous avez de nombreuses possibilités musicalement. Je suis une chanteuse mais le travail instrumental est complètement lié au même processus créatif. La voix est juste une autre façon de s’exprimer.

Pensez-vous que vous allez poursuivre tout ce travail seule ou êtes-vous prête à vous ouvrir à d’autres musiciens?

Verveine est conçue comme un projet solo. On verra bien ce qui se passe après mais je suis prête à m’ouvrir à d’autres collaborations avec d’autres musiciens.

Vevey vous définit. La scène suisse est placée sur une carte musicale du monde dorénavant (Yello, Young Gods, Erik Truffaz…), voulez-vous continuer à faire voyager ce projet de Verveine le plus loin possible?

Oui. Je ne me mets absolument aucune limite géographique à Verveine. C’est une chance pour moi de débuter en Suisse où l’on a beaucoup d’avantages. Je suis un peu mégalo… donc je veux voyager à travers le monde.

Propos recueillis par David Glaser

http://verveine.bandcamp.com/releases

photo Michel Meier

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