L’artiste fribourgeois Benoît « Cat’s Eye » Perriard est un musicien à part. Sa folk ciselée, traversée d’un souffle américain, puise dans des années d’écoute passionnée et dans l’envie d’approcher ses maîtres en reproduisant leurs premiers gestes sur des guitares identiques aux leurs. Le déclic, lui, remonte à l’enfance : des parents mélomanes, une maison remplie de disques — Beatles, Bowie, Polnareff, Jarre, Elton John, Pink Floyd, Simon & Garfunkel — et un oncle guitariste dont la pédale wah‑wah suffisait à déclencher l’éblouissement. Récemment, voir sur scène des figures majeures comme Johnny Marr, Neil Young ou Matt Johnson a ravivé ce choc initial : Benoît admire leur capacité à atteindre une forme de perfection, une maîtrise totale de leurs univers. Sur scène, il accorde lui-même une importance particulière aux introductions instrumentales, persuadé qu’un début sans paroles peut captiver instantanément et créer un mystère que la première chanson dissipera. Durant la pandémie, il compose sans relâche et découvre que ses morceaux se séparent en deux familles distinctes. Il décide alors d’un geste rare : sortir deux albums simultanément, convaincu que le format album garde une force artistique, même à l’ère des singles. Sa musique navigue entre rock mélodique et douceur introspective, portée par une large palette d’influences — rock américain, folk anglaise, textures calmes ou grandes guitares saturées. Son ambition reste la même : être authentique, toucher, surprendre. Et son passage par les studios des plus grands, dont celui du regretté Steve Albini à Chicago, confirme une évidence : Cat’s Eye appartient désormais à la lignée des artistes suisses qui comptent.

Peux-tu me dire quand tu as eu le déclic pour la musique ?
J’ai eu un déclic très jeune. Mes parents m’ont eu jeunes et ils écoutaient beaucoup de musique, et d’excellente musique. Donc j’ai vraiment baigné là-dedans dès le départ. Mon oncle, le frère le plus jeune de mon père, faisait de la guitare électrique et je me souviens que ça me passionnait. Il avait une pédale wah-wah, je voulais tout le temps aller appuyer dessus quand il jouait.
Y a-t-il un album qui a particulièrement compté à ce moment-là ?
Comme j’étais très jeune, je ne pense pas que je savais quelle était la musique jouée. En replongeant plus tard dans la collection de disques de mes parents, je me suis rendu compte qu’ils écoutaient à la fois les Beatles, David Bowie, Michel Polnareff, Jean-Michel Jarre avec Oxygène, des albums des années 1970 d’Elton John, Pink Floyd, Simon & Garfunkel. À l’époque de mes parents, il était de coutume de demander si on était Beatles ou Rolling Stones. Mes parents étaient très clairement Beatles. Je pense que c’est là qu’est né mon amour des mélodies.
On est sans doute encore sous le choc des concerts de Johnny Marr, Neil Young ou Matt Johnson. Voir ces géants sur scène, qu’est-ce que cela t’inspire exactement ?
C’est incroyable de voir des gens qui possèdent un catalogue d’une si haute qualité musicale, de les voir interpréter ces titres avec tellement de maestria. On a l’impression d’être témoin de moments où tout s’aligne pour créer la perfection.
Tu as sorti deux albums quasiment en simultané : pourquoi ce choix ?
J’ai commencé à enregistrer de nouveaux titres au début de la pandémie. Comme tout était plus compliqué à mettre en place au niveau des enregistrements, cela prenait plus de temps. Je composais de nouveaux titres chez moi et je me suis retrouvé avec pas mal de morceaux. Au bout d’un certain temps, je me suis rendu compte que les titres pouvaient clairement se classer en deux catégories distinctes : j’étais en train de faire deux albums ! J’avais assez de titres pour les sortir plus ou moins en même temps. Je n’ai jamais vraiment entendu un artiste qui sortait deux nouveaux albums en quasi-simultané, alors je me suis lancé. De plus, je trouve le concept d’album toujours artistiquement intéressant, même si, dans le mainstream, on sort surtout des singles ou des EP en ce moment.

Rise est mon morceau préféré sur The Trick Is To Keep Playing. Le riff est très entraînant. Comment joues-tu ce titre sur scène, notamment en intro d’un set punchy et énergique ? On pense parfois aux intros mystérieuses des Pixies : est-ce une tradition que tu perpétues ?
Ravi de l’entendre ! Nous allons commencer les concerts cette année avec le groupe, mais c’est amusant que tu le suggères en intro : c’est exactement ce à quoi je pensais. Les débuts de concerts sont très importants pour moi. Jouer un tel morceau, sans chant, plante une atmosphère qui, normalement, ne laisse pas indifférent. C’est un moyen d’intriguer le public, comme si on arrivait en costume trois-pièces et qu’on tombait la veste lors de la première chanson chantée, après ce premier titre.
J’aime beaucoup ton évolution : il y a cet amour du rock puissant et mélodique, mais aussi une approche plus douce et légèrement écorchée. Pourquoi cette variété dans tes compositions ?
Merci ! J’ai toujours eu en moi ces deux passions, également en tant que fan de musique : j’ai parfois envie d’écouter du rock à grosses guitares, comme Queens of the Stone Age par exemple, et j’aime également la musique très calme. J’ai découvert il y a peu l’Anglaise Billie Marten et je trouve sa musique magnifique. J’écoute également énormément de styles différents.
Acquaintance to the Sea est aussi une belle surprise, avec son intro majestueuse. Peux-tu décrire ce morceau ? J’y ressens une influence de Sebadoh : est-ce quelque chose que tu revendiques ?
En termes de paroles, je parle de populisme, qui, invariablement, semble avoir un mécanisme primaire très efficace. J’en fais une métaphore sur la mer : on nous propose la mer en carte postale et, quand le pouvoir arrive, on a bien la mer, mais on y boit la tasse. Les arrangements suivent ainsi cette idée. J’ai voulu donner l’impression qu’on est en route, sur un bateau, dans un mouvement chaloupé. Il y a effectivement le côté majestueux d’un navire avec ces violons en pizzicato et la batterie pourrait être vue comme le vent qui s’insinue et annonce la tromperie. Pour Sebadoh, je dois avouer là une lacune. Je ne connaissais que de nom, je n’avais jamais écouté leur musique avant que tu le mentionnes.
Quelle est l’importance du rock américain dans ta musique ?
C’est vrai qu’il tient une place importante dans ma discographie. J’en écoute et en ai écouté beaucoup. Je crois que cela est dû à la découverte d’artistes rock américains à la fin de mon enfance et au début de mon adolescence. J’ai eu une période dans mon enfance où j’écoutais beaucoup de musique classique et mon héros suprême était Mozart. Puis j’ai découvert cette musique complètement différente et qui véhiculait, dans mon esprit, une certaine image de l’Amérique, sa scène indépendante riche et authentique. On est alors au début des années 1990. C’est à ce moment-là que j’ai décidé d’apprendre la guitare, en plus du piano que je pratiquais, et je me suis donné pour mission d’apprendre l’anglais le mieux possible, car il allait falloir chanter.
À Fribourg, comment penses-tu qu’on te perçoit : un indie-folk anti-héros ? Ou simplement un musicien très inspiré par les USA ?
Je ne sais pas. À vrai dire, je ne me suis jamais posé la question. Je suis mon chemin, mes envies, je recherche l’authenticité en espérant que ma musique puisse toucher les gens.
Peux-tu nous raconter quelques anecdotes d’enregistrement avec Steve Albini ? Comment cela s’est-il passé concrètement ?
C’était une aventure épique, car nous étions en pleine pandémie et j’avais dû d’abord passer deux semaines au Canada avant de pouvoir entrer aux USA. Cela n’était initialement pas prévu quand j’ai réservé le studio, évidemment ! Normalement, avec mes deux amis musiciens new-yorkais, nous devions répéter ensemble les morceaux durant cette même quinzaine ! Ils ont alors travaillé avec les maquettes que j’avais faites pour eux à Montréal, faute de mieux.
Tout le monde m’attendait au studio, avec Steve Albini qui avait déjà placé ses micros dans les pièces d’enregistrement. Il avait ses méthodes plus ou moins secrètes de placement de micros pour la batterie. C’étaient d’ailleurs en partie des modèles aux marques un peu obscures, qu’il avait sélectionnés à travers les années. J’étais parti très tôt le matin de Montréal et, dès que j’ai pu arriver au studio avec mes guitares électriques et mes pédales d’effets, le temps de choisir un ampli sur place et une guitare acoustique, on a commencé directement à enregistrer le premier titre. Une première prise, servant plutôt d’échauffement, puis deux autres. C’est ce que nous avons fait pour tous les titres et, à chaque fois, nous avons sélectionné la deuxième prise. Ainsi, les performances étaient très fraîches et spontanées.
C’était un plaisir d’enregistrer sur bande, tous ensemble, sans editing : c’est très musical et fluide. Albini, qui disait toujours qu’il n’était pas réalisateur, a pourtant fait quelques suggestions d’interprétation très utiles. J’ai assisté au mixage et, voyant que j’étais intéressé par le son, il m’a commenté tout ce qu’il faisait durant la session, m’expliquant les raisons. Avoir une masterclass de mixage, en plus d’enregistrer sous sa houlette, était vraiment unique. Des moments qui resteront gravés.

Quel serait ton top 5 des plus belles productions de Steve Albini ?
Surfer Rosa (Pixies), Dogs (Nina Nastasia), In Utero (Nirvana), Yanqui U.X.O. (Godspeed You! Black Emperor), Further Complications (Jarvis Cocker).
Continues-tu le label que tu avais lancé ?
Oui ! C’est un micro-label qui me permet de partager de la musique que j’ai beaucoup appréciée, d’aider à la promotion, etc. Mais c’est une activité annexe, donc j’active le label quand l’occasion se présente et que j’ai le temps pour ça. Ces deux ou trois dernières années, j’ai aussi travaillé avec des artistes sur leurs disques, en tant que coréalisateur, ingénieur du son et musicien. C’est également une activité très rafraîchissante. Que ce soit le label ou ces collaborations, c’est ma passion pour la musique qui me guide, selon mon temps et mes envies. Comme cela a toujours été.
Peux-tu commenter en quelques lignes chacun de tes albums ?
Avec plaisir !

Perspectives: mon premier album solo. Je voulais qu’il sonne « folk urbain ». Avoir un côté acoustique, Americana parfois, folk anglais d’autres fois, mélangé à un peu de technologie et de recherche sonore. Je l’ai fait à 4 mains avec Sacha Ruffieux qui a pu y mettre une partie de son érudition musicale. Notre principe était le suivant: j’avais fait une maquette voix/guitare acoustique de chaque chanson. On arrivait le matin au studio, on choisissait la chanson et nous avions ensuite la journée pour l’arranger et l’enregistrer entièrement. Chaque chanson devait être terminée au plus tard en fin de journée.

Beautiful Ordinaire: un double album enregistré entièrement chez moi. Le premier disque est folk – j’y joue tous les instruments – j’y retrouve ce plaisir unique de donner vie à un morceau en y ajoutant des parties, piste par piste, petit à petit, jusqu’à ce que je sente que le morceau soit achevé. C’est sans doute subjectif, mais il y a toujours un moment où je sens que le morceau est terminé. Il n’a besoin ni de plus, ni de moins d’instrumentation et d’arrangement. Le deuxième disque était une expérimentation. Entièrement électrique, beaucoup de pistes de guitares saturées qui ont toutes une égalisation très différente, parfois extrême si elle était entendue seule, mais qui contribue à une construction solide. Pour le dernier morceau, j’avais envie d’essayer de faire un morceau de No Wave, où les guitares électriques ne font que des bruits rythmiques! Parfois j’aime écouter de la musique bruitiste. Les gens pour qui cela ne serait pas le cas peuvent arrêter l’album juste avant.

The Myth of the Machine: j’ai eu envie ici d’axer le son sur des textures de guitares acoustiques. De la même manière qu’on empile des couches de guitares électriques, essayons de multiplier les guitares acoustiques, soit en les arrangeant différemment pour les faire tourner comme le mouvement d’une montre. Ou alors doublons, voire triplons des parties. Tout cela pour magnifier le côté organique de cet instrument enregistré, duquel on entend également le glissement des doigts sur les frettes et la manière de pincer les cordes ou de gratter les cordes. Mettre de l’humain une fois de plus.

The Many Lives: c’est le premier album sur lequel j’ai la chance d’avoir la participation de Gerry Leonard, qui a été guitariste et directeur musical de David Bowie. J’étais avec mon ami batteur Pascal à un concert de Suzanne Vega qu’il accompagnait et nous avons sympathisé. Il construit de véritables guitarscapes. Il y a quelque chose d’unique à son jeu.

Curves of a Straight Line: enregistré entre la Suisse et chez Gerry Leonard, dans l’Etat de New York. On a commencé à travailler à distance avec Gerry puis je me suis rendu chez lui, où il a enregistré la grande partie de ses guitares. Je savais qu’il allait trouver des arrangements qui allaient m’étonner, donc je ne faisais que des métaphores pour exprimer ce que j’entendais pour une partie. Je ne voulais pas le limiter. Et c’est vraiment épatant d’entendre ce qu’il crée, c’est très riche et personnel tout en servant totalement la chanson. Pour ce disque, j’avais envie d’avoir de vrais violons. Des amies violonistes, Stéphanie Jungo et Delphine Richard, sont venues enregistrer dans mon salon. C’est tellement magique d’entendre ces parties jouées par de vrais instruments et de vrais humains: j’avais fait mes essais d’arrangements avec des banques de son, entendre la même partie jouée c’était magique! Pour le mixage, Gerry a pu recruter son vieil ami Kevin Killen (U2, Tori Amos, David Bowie, etc.) pour deux titres, les « singles ». Pascal sonne un peu comme Larry Mullen Jr. sur The Line! Gerry a mixé le reste de l’album avec une grande sensibilité musicale. Au début de sa carrière à Dublin, il était également ingénieur du son dans un studio. Il avait travaillé sur la demo de Sinéad O’Connor pour Nothing Compares 2 U.

8 Hours: je prends beaucoup le train, tout en écoutant de la musique bien évidemment. J’adore observer les paysages et à cette époque, j’écoutais pas mal de musique électronique. C’est de là qu’est venue mon idée de faire un disque qui accompagne un déplacement. Mettre du son sur une fenêtre. De plus, cela a l’avantage de faire un enregistrement qui ne ressemblait à rien de ce que j’avais publié jusqu’ici. La voix vue comme un instrument comme un autre, elle est enrobée d’échos. Un disque conçu pour les déplacements, mais… au moment où il était prêt à sortir, on entrait en pandémie! Cela a potentiellement pu servir de disque de relaxation en plein confinement, qui sait! Ce qui est sûr, c’est que nous avions bien envie de le jouer en live avec mes compères musiciens. A la période où nous pouvions être au maximum 15 personnes dans une salle, Mary (claviers, synthés), Pascal (percussions électroniques et acoustiques) et moi avons interprété des petits sets dans un espace en immersion. Assis sur des chaises longues, le public pouvait écouter une musique diffusée en multiphonie, des sons étant diffusés de toute part de la salle, le tout mixé par Jocelyn Raphanel, un spécialiste de la musique immersive. L’ingénieur du son était alors autant un musicien que les autres interprètes.

This Must Be the Place: c’est un album plutôt folk rock comparé à The Trick Is To Keep Playing, que j’ai fait en parallèle. Comme expliqué plus haut, j’ai classé tous les enregistrements retenus que j’avais de cette période 2020-2025 en deux catégories mais ce serait réducteur de dire qu’il n’y a que du folk rock sur ce disque. J’ai expérimenté un peu sur les sons et au final dans la totalité il y a un panel relativement large de sonorités, l’air de rien. La chanson initiale de cet album est aussi la toute première que j’ai travaillée. J’ai voulu y mélanger une tonalité un peu Motown avec un côté singer songwriter alternatif. C’est Yuval Lion qui joue la batterie. Nous étions en pleine pandémie. Il l’a enregistrée depuis son studio à Brooklyn et me l’a envoyée. Son groove et son son de batterie correspond vraiment bien à la chanson. Pour les chœurs, j’avais envie de le faire à l’ancienne en enregistrant dans une pièce où le son se réfléchit beaucoup, où il y a déjà passablement de réverbération. Chez moi, la salle qui correspond le mieux à cette définition, c’est ma salle de bain! C’était très amusant d’y faire des voix de tête. Autrement, il y a bien sûr sur ce disque les trois titres faits chez Steve Albini. Le dernier titre est un instrumental. Je l’ai appelée « So Long, Electrical »! du nom du studio d’Albini, Electrical Audio. C’était ma façon de lui dire au revoir, comme il nous a malheureusement quitté entre l’enregistrement et la sortie du disque. Il y a également toute une série de chansons que je dirais introspectives, celle où l’on se pose les grandes questions lorsqu’on est en recherche d’absolu.

The Trick Is To Keep Playing: Ce disque est beaucoup plus basé sur une observation de l’état actuel du monde, à ma petite échelle, sans prétention aucune. Toujours avec des allégories et des métaphores. J’ai étudié la psychologie, une de mes envies principales en choisissant cette discipline était de pouvoir mieux comprendre le monde et le comportement humain. Au niveau sonore, je me suis fait plaisir avec des sons variés de guitare électrique. J’ai utilisé beaucoup de guitares et des échos différents en plus d’autres effets. C’est très plaisant de jouer de la guitare avec des échos qui tournent à l’envers ou d’utiliser des delays avec d’anciennes technologies qui donnent un grain unique à la chanson. L’overdrive/distorsion et les échos sont très clairement mes deux effets préférés pour la guitare électrique. Il y a aussi un peu d’électronique et les rythmes de Pascal Wagner-Egger qui, dans ses activités de batteur, joue depuis toujours différents styles de musique selon ses projets, du rock, du funk et également du jazz. Cela amène une bonne diversité sur ce disque. Anecdote concernant le dernier morceau, nous avons enregistré une partie des batteries sur bandes, avec l’ingénieur du son et musicien Fred Chappuis. Les bips que l’on peut entendre au début et à la fin, sont des bips que j’avais préparés comme clics pour que Pascal puisse se synchroniser au playback. Lorsqu’on a écouté, juste après la prise, nous avons tous pensé qu’ils apportaient quelque chose au morceau. Je les ai donc mis durant le mixage au début et à la fin de la chanson. Cela donne l’impression qu’il s’agit du décollage d’une navette spatiale ou quelque chose du genre. Comme un décollage qui dit au public « voici ce que vous pouvez écouter en attendant la suite », un « To be continued »…
Propos recueillis par David Glaser
Site officiel : http://www.iamcatseye.com/
Pour plus d’infos : https://iamcatseye.bandcamp.com/music