Massacre pacifique aux Docks de Lausanne

Nous ne venons pas pour le spectacle, mais pour une révélation. Il y a des groupes,
et puis il y a Brian Jonestown Massacre — pas un groupe, mais une force. Pas un concert, mais un moment à part. Quand Anton Newcombe entre, chapeau baissé, et parle comme un vieil ami dans le Base bar tranquille à deux pas des Docks et à dix minutes d’entrer en scène, il nous rappelle que l’authenticité ne se déclare pas — elle se vit, doucement. La veille de leur concert à Glastonbury 2025, voici un retour sur le concert lausannois de mai dernier, en photos et en mots.

Les lumières s’éteignent. Un halo rouge. Un rai traverse l’obscurité. Le groupe commence — sans chercher la perfection, mais avec une vraie présence. Les maracas résonnent. Joel Gion entre en mouvement, muet, tambourin en main, il attire les regards. Il ne joue pas, il appelle quelque chose.

Pas d’effets, pas d’artifices. Trois ou quatre accords, joués avec intention — et cela suffit.
Répétés, transformés, étirés. Jusqu’à ce que la répétition devienne plaisir, jusqu’à ce que le simple devienne essentiel. Oui, il y a des hésitations. Oui, tout n’est pas lisse. Mais c’est aussi cela : le désordre fait partie du langage. The Brian Jonestown Massacre ne se contente pas de jouer ; ils partagent.

Du chaos naît une forme de clarté. Dans le bruit, une émotion. Dans le fuzz, un silence inattendu.Ils jouent Anemone, et le temps se tord. Ils jouent Pish, et l’espace devient léger. Ce n’est pas de la pop polie. C’est brut, sincère, ritualisé — là où la mélodie croise la distorsion, et la transe guide l’ensemble.

Que d’autres cherchent la brillance. BJM donne autre chose : une forme de saisissement. Un massacre paisible, où la seule chose qu’on abandonne, c’est l’idée que la musique devrait rester à sa place.

Texte et photos David Glaser

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