RIDE LIKE THE WIND

Ride s’est reformé, pour le plaisir de dizaines de milliers de fans de rock des années 90. Le groupe anglais était sur scène au Pully For Noise vendredi dernier. Les musiciens d’Oxford commencent le concert par « Leave Them All Behind » comme en 1992 et la magie opère comme au bon vieux temps où je découvrais Ride sur scène avec un son ahurissant, surpuissant, bousculant mon audition pour quelques jours, laissant des traces. J’étais donc un indie-kid, un shoegazer avec des cheveux longs et frisés, une hygiène pas complètement parfaite (le grunge avançait que la pop au même rythme dans les canaux de musique rock… et l’image de jeunes mal rasés portant fièrement la chemise à carreaux plusieurs jours de suite). Bref Ride fut une belle découverte au même titre que Wedding Present, My Bloody Valentine et le groupe le plus influent de cette période: Blur.

Oxford est une ville sacrée pour la musique pop, il y a eu Radiohead, Supergrass, Ride mais aussi tout un tas de groupes moins connus pour peupler les bars de Cowley Road et les campus de Brookes ou de l’Université d’Oxford. Dernièrement, c’est Foals qui a replacé la ville de culture et de traditions sur la carte du rock inventif.

Flashback à la fin des années 80, Ride se forme avec Steve Queralt, Loz Colbert, Mark Gardener et Andy Bell. Ce dernier, guitariste, a avoué que c’est l’expérience d’un concert des Smiths qui lui donna envie de faire de la musique dans le cadre d’un groupe. Pour Loz Colbert, c’était Jesus and Mary Chain qui l’a certainement motivé.

ride 2 Loz avec ses collègues Steve et Andy fin des années 1980.

Mercredi dernier, Loz a accepté de revenir sur tout ce qui s’est passé en plus de 25 ans de présence sur les platines, les scènes du monde entier et notamment celle du For Noise à Pully, près de Lausanne.

Le concert de Ride dans un petit festival suisse a attiré de nombreux fans. Il y avait des sourires dans le public à voir un illustre groupe de pop revenir de nulle part. Le show fut beau mais peut-être un peu doux en matière de son, d’accord avec cette impression?

Oui et non. De la scène, on avait l’impression que l’on jouait beaucoup plus fort qu’avant, la technologie aidant. Mais c’est vrai qu’on a joué avec le groupe The War on Drugs en Finlande et on pouvait se parler et s’entendre… C’est ridicule. Il y a des besoins selon les endroits de limiter le son mais le rock se joue fort. On a été surpris de la réaction du public. Il y avait une peur chez nous quatre d’être un groupe tombé dans l’oubli ou l’indifférence. A Glasgow, Manchester ou Londres, nos concerts ont été sold-out très vite. On a vu des fans chanter tout du long des concerts, imitant les sons de guitares et les mélodies de « Vapour Trail ». J’espère qu’on va sortir un album. Je ne comprends pas ceux qui font une tournée et puis disparaissent aussitôt après tant d’années d’absence.

Que s’est-il passé en vingt ans sans Ride? Le groupe a-t-il continué à exister dans le quotidien des gens?

Oui, beaucoup de gens viennent vers moi pour me dire « ton groupe est la raison pour laquelle j’ai eu envie de faire de la musique. » On avait un son assez agréable et harmonique en live. C’est génial de voir que vingt ans après l’alchimie s’est reconstituée aussitôt. Je ne voulais pas arrêter et après notre séparation j’ai vu tout le monde souffrir. Certains s’en sont relevés très vite (Andy Bell le guitariste-chanteur est parti jouer de la basse avec Oasis). Je ne me voyais pas du tout comme un musicien de studio au service des autres. J’ai donc intégré le groupe de Gaz Coombes (ex-Supergrass) pour jouer sur son album « Matador » et tourner avec lui. J’ai aussi joué pour un de mes groupes préférés Jesus & Mary Chain. Aujourd’hui je suis dans Ride et avec Gaz le temps de la tournée (car la proposition de reformer Ride est arrivée après) et ça me va très bien. J’ai quatre enfants dont un tout petit en bas âge mais j’ai une merveilleuse femme qui comprend très bien ce que je suis en train de vivre.

Avec ton expérience, reçois-tu des propositions pour devenir producteur d’albums ?

On m’a dit que je serais peut-être un bon ingénieur du son. Mais s’il est vrai que dans Ride, nous sommes tous un peu des coproducteurs de nos chansons, je cherche surtout à continuer à jouer de la batterie dans un groupe d’amis. C’est ce que j’ai toujours voulu faire.

Ride « OX4 » 2015 + « Original Album Series » 2013 (Warner Music et Rhino/Warner Schweiz)

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